
Les personnages se répartissent en trois groupes distincts : les personnages originaux, les « pièces rapportées » et les personnages extérieurs aux Loups.
Tout d’abord, Marion, personnage central de la saga.
Âgée de seize ans au début de son épopée, Marion est de taille moyenne, bien qu’un peu plus grande que ses compagnes. Fine de silhouette, elle est néanmoins solidement musclée, à l’image des jeunes paysannes de son âge, et possède des formes généreuses. Ses cheveux auburn — un châtain aux reflets roux foncé — mi-longs et le plus souvent portés libres, lui tombent juste sous les épaules. Elle ne les coiffe en macarons qu’à l’occasion de festivités ou lorsque les circonstances l’exigent. Ils encadrent un visage à la peau pâle, éclairé par des yeux vert émeraude.
Marion se révèle être une excellente « gymnaste » pour son époque, faisant preuve d’agilité, de souplesse et d’endurance. D’un tempérament réservé, elle préfère le silence et la discrétion à l’exposition. Ce caractère secret et introverti, allié à une autorité naturelle indéniable, fera d’elle la future Commandeur de l’Ordre.
Son loup, Arn, mâle dominant de la meute, se distingue par un pelage particulièrement sombre.
Marion a deux sœurs cadettes : Jeanne et Suzon.
Jeanne est la cadette des trois sœurs. Âgée de dix ans au début de l’histoire, elle arbore de courts cheveux blonds comme l’or, en bataille, tombant jusqu’au milieu du cou. Maigrichonne et intrépide, elle se comporte volontiers comme un garçon bagarreur. Naturelle et directe, elle dit ce qu’elle pense sans détour et fait preuve d’une autorité surprenante pour son âge. Seule Martine, de deux ans son aînée et son égérie, échappe à son tempérament « rentre-dedans » : Jeanne la suit partout et cherche à l’imiter en tout.
Elle manie le bâton avec aisance et prendra rapidement goût au maniement de l’épée. Grâce à son excellent contact avec les animaux de la ferme, elle deviendra une cavalière hors pair. Rien d’étonnant à ce qu’elle soit destinée à devenir maître d’équitation et commandant opérationnel.
Son loup se nomme Azarah.
Suzon est la benjamine de la famille. Brune, avec des cheveux tombant jusqu’à la gorge, elle a un regard bleu lumineux, pétillant de vie. Elle porte la plupart du temps ses cheveux en deux tresses qui lui pendent sur le cou, à moins qu’elle ne les protège avec une coiffe de Sainte-Brigitte ou une touaille. Âgée de huit ans, elle est encore une fillette rondelette et gourmande. De nature plutôt craintive, elle préfère l’usage de l’arc aux armes de contact et finira par devenir la capitaine de l’archerie de l’Ordre.
Son loup se nomme Milo.
Ce petit noyau familial, au cœur de l’aventure, constitue le centre autour duquel se regroupent cinq autres jeunes filles.
Lucile, 14 ans, la seconde plus âgée après Marion, est la « belle fille » du groupe. De longs cheveux blond foncé ondulant jusqu’à sa poitrine, une peau pâle et des yeux gris indéfinissables, elle se distingue par sa silhouette élancée et ses longues jambes fines. Fine, coquette, parfois maniérée, et résolument séductrice, elle est volontiers boudeuse et un peu égoïste. Impatiente de trouver un mari à son goût, elle préfère soigner son apparence, coiffer et exhiber ses cheveux blonds comme les blés mûrs — qu’elle relève en macarons lors des occasions spéciales — plutôt que de s’entraîner au combat, où elle excelle néanmoins dans les coups bas. Très attachée aux compétences domestiques, Lucile, excellente organisatrice, cuisinière et couturière, deviendra naturellement le capitaine de l’intendance de l’Ordre des Loups.
Son loup se nome Rodolf.
Martine, 12 ans, est une petite brunette aux cheveux noirs et bouclés. Indépendante et parfois individualiste, elle préfère travailler et préparer ses coups seule. Jeanne, son admiratrice et complice, est le seul membre du groupe qu’elle accepte véritablement à ses côtés. Son tempérament affirmé, pour ne pas dire têtu, fera d’elle une capitaine de troupe hors pair, puis la générale en chef des Loups au combat. Très futée, elle est également la seule du groupe à connaître l’alphabet et à posséder quelques connaissances en herboristerie, ce qui en fera naturellement la soigneuse de la troupe.
Son loup se nomme Rob.
Bertrande, 10 ans, possède de longs cheveux noir corbeau, ondulés, qu’elle laisse retomber librement sur ses épaules ou qu’elle tresse lorsqu’elle ne porte pas son bonnet de lin noué sous le menton. Son teint mat, hâlé par le soleil, trahit ses origines paysannes. Ses yeux marron en amande et ses lèvres charnues contrastent avec l’air perpétuellement pincé qu’elle arbore. Cette petite peste est une boule de haine et de fougue qui fonce sur tout ce qui bouge, au sens propre comme au figuré. Sa musculature la rend particulièrement efficace au corps à corps. Elle deviendra capitaine d’armes, rendant l’entraînement de ses recrues aussi rigoureux que redoutable, et fera également une excellente pisteuse.
Son loup se nomme Règne.
Enfin, il y a les deux filles du forgeron : Sylvette et Blandine, aussi dissemblables que possible. Si différentes qu’il est difficile de croire qu’elles sont sœurs, elles sont en permanence à couteaux tirés l’une avec l’autre.
L’aînée, Sylvette, 9 ans, parle peu. Timide ou maniérée ? Personne ne parvient vraiment à le savoir. Boudeuse et manipulatrice, elle possède de longs cheveux en bataille qu’elle tente vainement de dompter à l’aide de coiffes complexes, toujours différentes. Son regard sombre, voilé par de lourdes paupières, peine à dissimuler un nez charnu. Si son apparence n’est pas des plus séduisantes, elle compense largement par ses talents exceptionnels de dresseuse : les loups placés sous sa responsabilité exécutent des prouesses étonnantes.
Elle a hérité de son père des compétences de forgeronne et peut lancer avec précision tout objet qu’elle tient entre ses mains, du couteau à la hache. Elle deviendra ainsi la maître-loup et la forgeronne de la troupe. Son lien avec les loups fait également d’elle une traqueuse redoutable, capable de suivre n’importe quelle piste et d’éliminer un adversaire dans la plus parfaite discrétion.
Son loup s’appelle Eudes.
Sa cadette, Blandine, surnommée Lolotte (diminutif affectueux de « Boulotte »), est la benjamine de l’équipe, âgée de seulement 7 ans au début de l’histoire. Généreuse mangeuse — d’où son surnom — elle déborde de vivacité et de malice, ne manquant jamais une occasion de répliquer du tac au tac. Véritable casse-cou, elle est aussi extrêmement franche et parfois vulgaire, au grand dam de Marion. Malgré ses rondeurs, elle est très sportive et une cavalière hors pair, ce qui fera d’elle une capitaine de troupe redoutablement efficace.
Son loup se nomme Conry.
À ce groupe initial, qui constitue le Conseil des 8, viennent s’adjoindre un an plus tard les quatre autres membres du Conseil des 12, ou « conseil élargi ». Ces « pièces rapportées » sont :
L’aînée, Maud, a 16 ans lorsqu’elle rejoint le clan initial (Marion a alors 17 ans). Un peu plus corpulente, cette jeune fille aux longs cheveux ondulés, noirs comme ses yeux, et à la peau pâle, se distingue par son sourire et sa douceur. Calme, réfléchie et simple, elle possède un esprit bouillonnant d’idées, toujours prêt à imaginer des améliorations pour l’organisation du petit village des filles ou des pièges ingénieux pour la chasse puis pour la guerre. Excellente technicienne, elle deviendra le commandant de la future forteresse des Loups et la responsable du génie militaire.
Elle a adopté le loup Baud.
Bénédicte a 15 ans lorsqu’elle intègre le village caché, soit un an de moins que Lucile. Son teint est un peu moins mat que celui de Bertrande, et elle arbore une indomptable tignasse châtain clair, faite de longues mèches ondulées qu’elle retient en queue de cheval et qui paraissent presque blondes au soleil. Plutôt réservée et discrète, elle n’en est pas moins attentive et maligne. Observatrice et réfléchie, elle analyse les situations avant de proposer des solutions, qualités qui feront d’elle une excellente stratège et la future capitaine d’instruction.
Son loup se nomme Raoul.
Vient ensuite Mathilde, 14 ans, surnommée « Poil de Carotte » par ses nouvelles compagnes. Cette rousse aux cheveux légèrement ondulés, presque orange, coupés au menton, est mince et plate de poitrine. Son visage très pâle met en valeur ses yeux noisette, à la fois perspicaces et réservés plutôt que craintifs. Silencieuse et discrète, elle possède de multiples talents : elle lance le javelot ou le couteau avec précision, se fond dans le paysage au point de devenir presque invisible, une aptitude qui glace le sang des futures recrues de l’Ordre. Observatrice fine des animaux, elle sait en tirer des enseignements pour suivre n’importe quelle piste ou se camoufler. Elle deviendra le maître-espion de l’Ordre, à la fois traqueuse et éclaireuse.
Son loup s’appelle Willi.
Enfin, la plus jeune des quatre, Isabeau, âgée de 13 ans, partage de nombreuses caractéristiques avec Mathilde. Belle blonde à la peau rosée, aux yeux d’azur et aux lèvres charnues, elle dégage une apparente fragilité qui masque une douceur et une sérénité naturelles. Son sourire paisible révèle son côté maternel et la rend immédiatement attachante. Arrangeante et conciliante, elle se pose en protectrice de toutes, en particulier de la frêle Élisabeth. Observatrice attentive des animaux, elle apprend d’eux comment soigner ses semblables, s’appuyant sur les connaissances en herboristerie transmises par sa tante sage-femme. Elle deviendra rebouteuse, puis chirurgienne au sens médiéval, travaillant aux côtés de Martine, la soigneuse de l’équipe.
Son loup s’appelle Foulque.
Un personnage à part, qui ne fera jamais partie d’aucun conseil, Élisabeth — ou Lizbeth, nul ne connaît son vrai nom — est une jeune fille qu’elles ont secourue et adoptée. Âgée d’environ 9 ans au moment où elles la recueillent, là encore, personne n’en est certain, elle porte sur elle les traces d’un traumatisme violent : en une seule nuit, ses longs cheveux jamais coiffés ont blanchi intégralement. Dormant à la belle étoile ou sous un abri sommaire en pleine nature, elle ne deviendra jamais une guerrière et n’intervient jamais dans les tâches matérielles de la communauté, ne faisant partie d’aucun des deux conseils.
Mystique, au regard triste et vide, elle communique peu avec les autres, sauf dans un cas particulier : elle entend les voix des esprits et de la nature qui l’entourent. Une fois par semaine, elle célèbre le culte de la déesse Terre-Mère, et ce seul rituel justifie qu’elle abandonne ses vêtements habituels, qui la couvrent entièrement, capuche et masque compris. Pour cette cérémonie, elle revêt une aube noire échancrée jusqu’au nombril et fendue sur le côté jusqu’aux cuisses, qu’elle complète par une cape brodée de loups hurlant à la lune et un maquillage lunaire sur le front. Après la célébration, elle reprend sa vie silencieuse et solitaire, se consacrant à sa passion : sculpter des loups dans des morceaux de bois mort.
Si elle possède deux loups, qu’elle nomme simplement « Loup » sans distinction (offrant l’un d’eux plus tard à Ermengarde), ses véritables compagnons sont les serpents et lézards — couleuvres ou orvets — qui viennent se lover sur ses épaules ou s’enrouler autour de son cou, témoignant de son lien unique avec la nature et les animaux.
Concernant les conseils : le conseil élargi à 12 membres se charge de la gestion quotidienne de la communauté, depuis l’organisation de la vie collective jusqu’à la planification des patrouilles et des opérations de combat. Le conseil restreint de 8 membres, quant à lui, traite des questions fondamentales : rédaction des chartes, établissement des règles de base et définition de l’orientation politique — en somme, ce que l’on qualifierait aujourd’hui de questions constitutionnelles.
Lizbeth et Ermengarde ne feront pas partie des conseils.
Dernière arrivée parmi les Loups, mais non des moindres : Ermengarde, nièce et pupille du Comte Téodon. Cette jeune fille de 13 ans, d’apparence totalement banale — cheveux d’une teinte indéfinissable, ni châtain, ni auburn, ni bruns, traits plutôt masculins, nez épais, yeux quelconques sous de fins sourcils, lèvres fines perpétuellement serrées — paraît au premier abord orgueilleuse et capricieuse. À son arrivée, elle sert d’otage, censée garantir la sécurité de la communauté. Sous son aspect colérique et déluré se cache pourtant un caractère enjoué et rebelle, en pleine révolte contre sa condition et le monde qui l’entoure.
Assoiffée de liberté et d’aventure, Ermengarde adhère rapidement au groupe et à ses valeurs, se révélant une compagne précieuse et attachante. Après un court passage parmi les Loups, le décès tragique de son loup Toubeau la pousse à quitter l’Ordre — devenant ainsi la première exception à la règle selon laquelle on ne peut quitter l’Ordre qu’en mourant.
Elle occupe alors un rôle unique : intermédiaire entre les Loups et le Comte, conseillère des Loups auprès de ce dernier, agente infiltrée à la cour et ambassadrice hors pair de son oncle. Fine diplomate et maître-espion de son tuteur, elle navigue constamment entre loyauté envers les Loups, service au Comte et missions diplomatiques auprès des vassaux, devenant rapidement une légende vivante au sein de l’Ordre.
Grâce à elle, certaines Louves, désireuses de quitter la vie guerrière pour mener une existence familiale plus paisible, peuvent le faire sous conditions strictes : redevenues femmes du peuple, elles restent secrètement membres de l’Ordre, obéissant au Commandeur, poursuivant leur entraînement en toute discrétion, leur véritable identité restant inconnue même de leurs compagnons et enfants. Leur bague à l’emblème des Loups est alors remplacée par une bague ornée d’une rose, signe de reconnaissance au sein du réseau d’agents secrets tissé par Mathilde et Ermengarde.
Enfin, les personnages extérieurs à l’Ordre :
En premier lieu, le comte Téodon, surnommé simplement le Comte. Longs cheveux bouclés, barbe fournie, il incarne surtout un esprit éclairé et un visionnaire très en avance sur son temps. Hélas, il est constamment menacé par des conspirations visant à s’emparer de son riche comté. Empreint de droiture et de sens de la justice, animé d’un profond désir de paix et de prospérité pour sa population en ces temps troublés, il accepte le pari audacieux de faire confiance aux jeunes filles. Il leur offre protection, formation militaire et équipement — un investissement politique et financier considérable, risqué au plus haut point, qui impose un secret absolu : si jamais la supercherie — l’existence de « femmes soldats » — venait à être découverte, le comte perdrait non seulement son comté, mais pourrait même y laisser la vie.
Son écusson, un aigle à trois têtes, symbolise sa vigilance sur le passé, le présent et l’avenir, reflet parfait de son rôle à la tête du comté et de son regard porté sur le destin des Loups.
Son épouse, la comtesse Eintligarde, est une petite femme d’une grande élégance, aux très longs cheveux blonds tressés en une natte enroulée en couronne autour de sa tête. Épouse fidèle et conseillère avisée du Comte, elle se distingue par son silence réfléchi et ses yeux turquoise, lumineux, qui illuminent son sourire parfait, aligné comme une rangée de perles. Lettrée et femme de politique brillante, elle sait tenir — dans tous les sens du terme — son rôle d’épouse de seigneur tout en guidant subtilement les affaires du comté. Elle soutient son mari dans toutes ses entreprises, et plus particulièrement dans sa vision progressiste et sa cause en faveur des femmes.
Le chambellan Conrad arbore avec une certaine ostentation le lourd collier d’or qui marque sa charge, l’affichant fièrement sur sa poitrine recouverte d’une riche tenue aux couleurs vives. Ce personnage grincheux et procédurier, obsédé par les formalités et le respect du protocole, est particulièrement imbu de son titre, qu’il considère comme un signe incontestable de supériorité.
L’intendant Grégoire, bougon au cœur tendre, n’a que peu d’influence au château, mais il fait preuve d’une fidélité sans faille. Serviteur zélé, il arbore en permanence une toque de fourrure, qu’il pleuve ou qu’il vente, comme une sorte de marque de son caractère obstiné et de son attachement à ses habitudes.
Le vieux clerc Anségisel à la vue déclinante arbore une longue barbe blanche sous son chapeau aussi brun que ses sobres vêtements de toile épaisse. Érudit quasiment aveugle, il n’est plus que le précieux conseiller auquel on confie surtout des tâches subalternes. Aimable et conciliant, il est émerveillé par la soif d’apprendre des étranges chevaliers nains mystérieusement arrivés au château.
Le mire Aridius, médecin, est un jeune homme rondouillard et ami d’Anségisel. Il est presque toujours vêtu de la même tunique noire, portée sur une chemise grise. Loin d’être aussi bonhomme et naïf qu’il en a l’air, Aridius est un fin observateur, qualité qui lui a permis d’acquérir une grande maîtrise de la médecine, de l’herboristerie et de la chirurgie au fil de ses nombreuses expériences professionnelles. Il nouera d’excellents liens avec certains Loups partageant ses passions et centres d’intérêt.
Le bouillant commandant Stracfert, soldat impulsif et emporté, aux cheveux mi‑longs et toujours impeccablement rasé, n’a d’horizon que la sécurité de son maître. Orgueilleux et vindicatif, il peine à accepter la place que les Loups occupent au château, les percevant comme des mercenaires inquiétants et des rivaux indésirables. S’il nourrit une profonde aversion pour eux, il ne cherche toutefois jamais à leur nuire, fidèle au jugement et aux ordres de son seigneur.
Le sergent d’armes Offa, vieux baroudeur bardé de fer, est un guerrier redoutable. Partagé entre l’admiration qu’il éprouve pour les Loups, de loin ses meilleurs élèves, et le malaise qu’ils éveillent en lui sans qu’il parvienne à en cerner la cause, il reste d’abord méfiant. Rapidement, cependant, sa loyauté et son expérience le conduisent à devenir leur serviteur dévoué.
La nourrice Théodelinde, jeune paysanne craintive et superstitieuse, est chargée du confort des Loups. Terrifiée par ces « petits hommes noirs », qu’elle imagine tout droit sortis de l’enfer, elle s’acquitte pourtant de sa tâche avec zèle, tout en les évitant autant que sa position le lui permet.
