L’organisation et la communication au combat

Conscientes de leur infériorité physique, les filles cherchent à la compenser
par l’exploitation systématique de leurs atouts propres. Elles
privilégient la ruse, la précision, la souplesse et la vitesse
d’exécution, s’appuyant sur des pratiques souvent gymniques,
adaptées à leur petite taille et à leur morphologie frêle. Elles
n’hésitent pas à recourir à la déstabilisation psychologique et
tactique de l’adversaire, prenant à contre-pied ces hommes d’armes
médiévaux, souvent lourds et brutaux, qui misent avant tout sur la
force physique et un minimum de technique pour l’emporter.Sur le champ de bataille, elles combinent l’usage du terrain,
qu’elles connaissent et exploitent parfaitement, à la pose de
pièges variés et à l’effet de surprise. La présence de leurs
loups contribue largement à terroriser l’ennemi, qui préfère
fréquemment la fuite à l’affrontement face à cette horde perçue
comme démoniaque. Le contact direct est évité autant que possible,
réservé à l’hallali et à l’exécution finale.Pour communiquer sans être repérées, elles utilisent, en
complément d’une gestuelle codifiée, un langage sonore fondé sur
l’imitation des chants d’oiseaux, qu’elles ont élaboré au fil
du temps :

Rouge-gorge (tic) : ralliement

Deux cris de corbeau (croassements) : attaque

Cri de merle (babil, babillage, jasement ou sifflement) : danger

Deux cris de merle : restez sur vos gardes

Trois cris de merle : annoncer notre arrivée (afin d’éviter les tirs ou attaques fratricides dans l’obscurité)

Un cri de coucou (coucoulement) : alarme

Deux cris de coucou : repli

Deux cris de chouette (hululements) : arrivée de secours

Trois cris de chouette : demande de secours ou appel à rejoindre la position

Cri de roitelet (zinzibulement) : indiquer notre position ou repérer celle des coéquipières

Deux cris de roitelet : on peut se montrer sans risque

Trois cris de héron (huer) : approche d’un individu ou d’une troupe