L’Ordre se fixe pour mission de rétablir le droit et la justice là où ils sont bafoués, qu’il s’agisse des puissants ou des plus vulnérables, des paysans ou des artisans, des enfants, des femmes, des vieillards ou des personnes handicapées. Si cet Ordre est bel et bien un ordre combattant, il n’est en aucun cas un ordre guerrier. Ses actions se limitent aux missions de police, de sécurité, de respect d’une justice égalitaire, et de protection de son suzerain, mais jamais d’agression. Bien entendu, à cette époque médiévale, la justice peut paraître expéditive et brutale, mais elle n’est jamais injuste chez les Loups qui suivent leur propre code d’honneur.
La structure de l’Ordre repose d’une part sur la droiture et l’honneur, nés du besoin de justice éprouvé par tous ses membres (la devise de l’Ordre ne stipule-t-elle pas « Honneur, justice, probité ? »), et d’autre part sur les compétences de chacun. L’âge et le rang n’ont aucune importance. Ainsi, Ermengarde, la nièce du Comte, n’est qu’un chevalier parmi d’autres. Ce qui la distingue, ce sont ses compétences politiques exceptionnelles, qui en feront la diplomate de l’Ordre.
L’organisation de l’Ordre se divise donc en deux volets : militaire et personnel.
Sur le plan militaire, les chevaliers sont classés selon leurs aptitudes, et reçoivent un grade allant de simple chevalier à Commandeur, suivant l’ordre des distinctions suivantes :
- Commandeur : un large panache de plumes d’autruche noires (à l’arrière du casque)
- Généraux : une plume noire
- Capitaine : des crins noirs longs (au niveau des reins)
- Lieutenant : des crins noirs moyens (aux épaules)
- Sergent : un court toupet de crins noirs
- Simple chevalier : aucun ornement distinctif
Il n’y a pas de « soldats de base » dans l’Ordre. Chaque recrue suit l’entraînement des chevaliers et prête serment à l’Ordre, même si elle est seulement affectée à la défense ou à l’entretien de la forteresse.
En ce qui concerne l’organisation personnelle, chaque chevalier se voit attribuer une fonction : il peut rejoindre une unité de cavalerie légère ou lourde (il n’y a pas de fantassins dans l’Ordre), une unité de génie, ou assurer un rôle spécifique : entraîneur et sergent d’armes, chef d’expédition et de combat, pisteur pour la surveillance des trajets et le repérage des ennemis, ou traqueur chargé de retrouver et éliminer un ennemi précis. Les unités de cavalerie légère portent des armures de cuir bouilli sur des gambisons, garantissant une grande mobilité pour les manœuvres et les combats rapprochés. Les unités lourdes, quant à elles, sont équipées d’armures métalliques complètes, renforçant la force de frappe et la puissance des chevaliers lors des charges. Les unités de génie, en revanche, se spécialisent dans la défense et l’attaque des forteresses, incluant des compétences en architecture militaire, la manipulation de machines de guerre et la construction de mines ou de sapes sous les murs des ennemis.
Notons qu’au sein de l’Ordre, un vocabulaire féminin est utilisé dans le contexte privé, qu’il soit individuel ou collectif, tandis qu’un vocabulaire masculin est employé lors des missions extérieures, en contact avec des personnes extérieures à l’Ordre. Dans ces missions, les membres de l’Ordre sont anonymes et masqués, ne se distinguant que par leur grade. À cette époque médiévale, il était inconcevable qu’une femme soit vue vêtue en combattante. La révélation de leur sexe aurait conduit à des jugements sévères, la sanction pour port de vêtements masculins pouvant aller jusqu’au bûcher, à l’instar de ce qui arriva à Jeanne d’Arc. (On consultera à ce propos les communications de Sophie Brouquet ainsi que : https://shs.hal.science/halshs-01420433v1, https://www.historia.fr/histoire-du-monde/europe-de-l-ouest/les-femmes-chevaleresses-ont-elles-reellement-existe-au-moyen-age-2139585 ou https://www.chateaunantes.fr/evenements/les-chevaleresses-des-femmes-oubliees-de-lhistoire/.)
Le recrutement se fait par l’adoption de jeunes orphelines, à la manière des janissaires de l’armée turque, ces soldats d’élite recrutés parmi des enfants esclaves ou des orphelins, souvent pris parmi les prisonniers de guerre. Dans le cas des Loups, l’objectif est d’offrir à ces jeunes femmes un avenir bien meilleur que celui qui les attendait en tant qu’orphelines, souvent vouées à des rôles de servantes, de souffre-douleur ou, au pire, de prostituées avec une espérance de vie réduite. Bien sûr, la population imaginerait aisément le pire en voyant ces jeunes filles emmenées par des guerriers noirs sans visage.
