La condition féminine au Moyen-âge

Au Moyen Âge, le temps de la vie ne s’écoule pas comme aujourd’hui. L’enfance s’achève à sept ans, suivie de la jeunesse, laquelle prend fin à quatorze ans avec l’entrée dans la vie de femme adulte. Dès vingt-huit ans, une femme est déjà considérée comme vieillissante. Si la loi ecclésiastique fixe la majorité des garçons à quatorze ans, celle des filles débute dès douze ans, à la puberté. À partir de cet âge, elles sont perçues comme des « filles d’Ève », c’est-à-dire des êtres jugés faibles — à l’origine de la notion juridique de « sexe faible » — imparfaits, versatiles, excessifs, bavards et enclins à la luxure. Les héroïnes des Loups ont ainsi toutes quitté l’enfance : elles sont jeunes filles ou femmes adultes.

Lorsque la petite fille fait partie des deux enfants sur trois ayant survécu aux maladies infantiles, elle demeure néanmoins plus exposée à l’abandon que son frère, surtout lorsque la pauvreté s’installe au sein du foyer. À la campagne, dès l’âge de sept ans, la fillette participe aux travaux des champs ou de la chaumière aux côtés de sa mère, tout en intégrant les vertus attendues de modestie et de soumission.

Lucile correspond pleinement aux canons de beauté en vigueur du XIIᵉ au XVᵉ siècle : fine et élancée, mince de taille, elle possède un teint « de lys et de rose » ainsi que de longs cheveux blonds ondulés.

Pourtant, l’Église associe les femmes à la tentation, au péché et au diable : elles incarnent le maléfice. Facilement accusées d’envoûtement ou de pratiques relevant de la magie noire, nombreuses furent celles qui périrent sur les bûchers de l’Inquisition, de la fin du XIIIᵉ siècle jusqu’au XVIIᵉ siècle.

Le mariage intervient tôt, entre treize et seize ans, avec un époux choisi à l’issue de négociations familiales, le plus souvent imposé par le père. À cette époque, la violence conjugale est socialement admise, notamment en cas de désobéissance. Le mari dispose même du droit de faire enfermer sa femme, voire de la tuer, une simple accusation d’adultère suffisant à le justifier.

Si la femme survit à l’accouchement, pratiqué dans des conditions d’hygiène précaires, l’enfant peut être abandonné, voire tué, surtout s’il s’agit d’une fille ou s’il est issu d’un viol. Le viol est en effet fréquent et rarement puni ; la femme en est tenue pour responsable. Rejetée, elle est souvent contrainte à la prostitution pour subsister. Il en va de même pour les veuves, nombreuses en raison des guerres, des épidémies et des famines, qui se retrouvent seules avec de jeunes enfants. Les remariages sont donc fréquents, d’autant que les biens de la nouvelle épouse passent automatiquement sous le contrôle de son mari.

L’espérance de vie moyenne des femmes se situe alors entre trente et quarante ans.

(source principale : https://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/1569-la-condition-des-femmes-au-moyen-age.html)