Qu’entend-on par « la langue des anciens », lorsque les filles parlent entre elles de manière à n’être pas comprises par leur entourage ?
Ce peut être le latin, langue de tous les ouvrages qu’elles dévorent dès lors qu’elles ont appris à lire. Mais ce latin pouvait être compris par l’élite : les clercs, les rares seigneurs cultivés…
Ce serait alors plus vraisemblablement le grec, une des plus anciennes langues, pratiquée par seulement quelques membres haut placés du clergé… rarement présents sur des lieux de combats.
On pourrait également imaginer le sanskrit ou le tamil. Mais il n’y a quasiment aucune chance pour qu’elles aient eu accès à ces langues trop vieilles et de contrées trop éloignées.
De fait, pour parler, aucune de ces langues ne se justifie. En effet, il n’y a pas au Moyen-Âge une langue, mais des langues parlées, non pas un français, mais des français, avec de grandes variantes syntaxiques selon les régions. De plus, si l’on écrit en latin, on parle en roman.
Les écritures primitives, runique nordique ou ogham irlandais, avaient presque totalement disparu. Ou ne serait-ce donc pas simplement un mélange de latin, de langue germanique et de francique ayant formé le « franswè » du 9e siècle, là où le « françois » prend sa source, 4 siècles avant les Loups ? Tels Les Serments de Strasbourg (842 – protofrançais),La Séquence de Sainte Eulalie (vers 880–882) ou La Cantilène de sainte Eulalie, premier poème religieux en langue romane. Ce français des origines, largement transformé entre temps, ne devait plus guère être compris de personne… sauf des Loups qui en avaient peut-être retrouvé des traces dans un rare manuscrit du lettré Anségisel ou d’anciens ouvrages médicaux du mire Aridius.
Le mystère demeure !
