Le travail des femmes

Les femmes du Moyen-âge avaient un statut d’infériorité institutionnalisé, car filles d’Eve, elles étaient fatalement lubriques et pécheresses… pour l’Église qui imposait sa vision du monde à cette époque. Leur présence est interdite dans certains lieux, de pouvoir notamment, et si leur mari, imposé et souvent plus âgé de dix à vingt ans, a le droit de les battre, si elle n’ont droit à quasiment aucune éducation afin de rester « pures », chastes, modestes et bonnes chrétiennes. Pourtant, les exemples de femmes de pouvoir ou de femmes guerrières ne manquent pas. Ainsi, Mathilde de Toscane (1046-1115) hérite, encore enfant au moment du décès de son père, d’une importante province italienne et nombre de femmes mènent leur foyer (et leur mari) à la baguette, comme le narrent nombre de fabliaux dans lesquels l’épouse abuse souvent son mari pour cacher l’amant avec lequel elle le trompe.

Nonobstant, contrairement aux croyances contemporaines, les femmes exercent de nombreux métiers au Moyen-âge : commerce, artisanat, métiers en rapport avec le tissu (tissage) et les vêtements (couture, blanchisserie…), etc. Et bien sûr tous les métiers en rapport avec la naissance (sage-femme) et le soin des enfants. A la ferme, par exemple, lemmes ne se cantonne pas au taches domestiques : elle participe à l’exploitation et s’occupent de la basse-cour ; chez les artisans, elle travaille à l’atelier, main d’œuvre utile. Certaines tiennent même boutique ou dirige un commerce ou une entreprise, telles al-Whusha, marchande et banquière du XIe siècle à Alexandrie, Lucia, marchande de feuille d’or du XIVe siècle à Venise, Jeanne de Montbaston, enlumineuse de la fin du XIVe siècle à Paris… mais aussi des plâtrières, des boulangères, des brasseuses de bière, des patronnes d’ateliers de textiles, des aubergistes, des commerçantes, des médecins, des herboristes, des apothicaires, des sages-femmes, des vigneronnes, des tisseuses, des fileuses, des enseignantes, des artistes, des abbesses… toutes portant les vêtements spécifiques de leur profession. On constate que nombre de métiers leur était ouverts, avec souvent des responsabilités. Il n’était pas rare que certaines fassent même partie de corporations. Ce n’est qu’à partir du XVe siècle que ces métiers vont progressivement leur être interdits.

sources principales :

https://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/1569-la-condition-des-femmes-au-moyen-age.html