Le XIIIᵉ siècle reste dominé par la cotte de mailles (haubert), couvrant le torse, les bras et souvent la tête via le camail, avec parfois des cubitières (coudières métalliques). Les chevaliers portent aussi des chausses de maille pour les jambes, complétées par des genouillères en cuir bouilli ou acier pour les genoux. Le grand heaume apparaît et se généralise. Il prend la forme d’un casque cylindrique couvrant entièrement le visage, avec fentes de vision et trous de respiration. Les épaules sont protégées par des ailettes, petites plaques rigides. Vers la fin du siècle, on voit les premiers essais de plates rigides (petites plaques de fer attachées sur les mailles par un lacet de cuir), mais la maille reste l’armure principale.
En résumé, les armures du XIIIᵉ siècle possèdent une grande mobilité (la maille suit les mouvements du corps, permettant de combattre à pied ou à cheval sans gêne majeure), une excellente ventilation (elle laisse circuler l’air et limite la surchauffe), une protection homogène (elle couvre presque tout le corps et résiste très bien aux coupures) et une polyvalence appréciable (adaptée à la cavalerie comme à l’infanterie, elle reste efficace dans des contextes variés).
Ce n’est qu’au XIVᵉ siècle que la maille est progressivement renforcée par de nombreuses plaques métalliques. Le gilet de plaques rivetées dans du cuir devient courant, annonçant la future armure de plates complète. Les bras et jambes reçoivent des cuissots et des grèves (protections de jambes), des brassards et des canons (protections de bras), puis des pièces entièrement métalliques. Le grand heaume en un seul bloc est remplacé par le bassinet, casque plus léger, souvent doté d’une visière articulée. Vers 1400, le plastron couvrant la poitrine et le dos est adopté, marquant la transition vers l’armure de plates intégrale, celle représentant le stéréotype de « l’armure du chevalier » que l’on voit dans les dessins animés de Walt Disney. Les armures, dans Merlin l’enchanteur, sont donc complètement anachroniques.
En résumé, et contrairement à l’idée reçue, ces armures segmentées sont hautement articulées (avec des pièces mobiles aux coudes, genoux et hanches), les plaques de métal glissent les unes sur les autres et un chevalier peut courir, sauter, monter à cheval, se relever. La mobilité est souvent supérieure à celle d’un combattant en maille lourde.
Pour conclure, Le XIIIᵉ siècle reste celui de la maille dominante, tandis que le XIVᵉ voit une mutation accélérée vers la plate, avec des casques articulés, plus légers et ergonomiques, et une protection segmentée. Avec l’augmentation de pièces métalliques qui remplacent le cuir bouilli et la maille, le XIVᵉ siècle prépare directement l’apparition de l’armure complète du XVe siècle. Si cette « armure » intégrale est plus rigide et contraignante, les innovations en termes des pièces d’articulation la rendent rapidement fonctionnelle.
